Rosemary Farrell
La salle d'Alan : de l'espoir en héritage
« Alan était une personne tout à fait exceptionnelle
– c’est difficile de l’exprimer avec des mots
», déclare Rosemary Farrell.« Il était
calme, mais il avait un bon sens de l’humour. Il choisissait
ses mots avec soin et était un véritable boute-en-train.
Lors des fêtes, grâce à son esprit subtil, il
faisait crouler de rire les invités. »
Rosemary ne peut s’empêcher de sourire et sa voix se
fait tendre lorsqu’elle parle de son mari Alan qui, après
un long combat contre le cancer, est décédé
en décembre 2000, à l’âge de 35 ans.
Pour Alan Farrell, la famille passait avant tout. Sa femme Rosemary
se rappelle que, même lorsqu’il a reçu son diagnostic
de maladie de Hodgkin à l’automne 1997, Alan se préoccupait
uniquement d’elle et de leurs deux fils, Thomas et Scott,
âgés respectivement de trois et de cinq mois.
« Tout au long de ses épouvantables traitements de
chimiothérapie et de radiothérapie et de ses greffes
de cellules souches, il est resté positif et ne s’est
jamais plaint, raconte Rosemary. Il était encore là
pour m’appuyer, même de son lit d’hôpital.
J’allais le visiter avec les enfants et, à la fin de
la journée, il m’appelait pour s’assurer que
nous nous étions bien rendus à la maison et me demander
si je tenais le coup, puis il disait bonne nuit aux garçons.
Il était merveilleux! »
Partout où il allait, Alan se faisait des amis et il connaissait
tout le monde à l’hôpital. « Il se donnait
comme défi de parler à tous ceux qu’il rencontrait,
se souvient Rosemary. Il leur disait combien il appréciait
tout ce qu’ils faisaient pour l’aider à traverser
cette épreuve et il leur était très reconnaissant
de leur soutien, de leurs soins et de leur compassion. »
Durant son traitement, Alan a passé beaucoup de temps au
Campus Général de L’Hôpital d’Ottawa.
Ce n’était pas facile pour lui d’amuser les deux
petits dans sa chambre ou encore dans la salle de séjour
réduite à l’essentiel. Avant son décès,
Alan a demandé à sa famille et à ses amis d’utiliser
l’argent qu’ils auraient dépensé pour
des fleurs lors de ses funérailles pour l’aménagement
d’une salle familiale spéciale dans l’Unité
de greffe de moelle osseuse. Cette somme de 5 000 $ a été
le point de départ de la « salle d’Alan »,
un héritage qui existe depuis une dizaine d’années.
Depuis l’ouverture de la sal3le d’Alan, d’innombrables
familles ont profité de ce lieu douillet où elles
peuvent regarder des films, jouer à des jeux ou simplement
passer des moments tranquilles ensemble pendant le séjour
de leur être cher à l’hôpital.
Selon Suzanne Madore, gestionnaire clinique de l’Unité
5 Ouest du Campus Général, c’est un local important
dans l’Unité. « C’est un endroit extraordinaire
pour les familles qui visitent un être cher ou pour les patients
qui ont besoin de changer de décor, mais qui ne peuvent pas
quitter l’Unité pour des raisons de santé, précise-t-elle.
Ils sont vraiment reconnaissants de pouvoir en profiter. »
Ces patients et leurs familles ne sont pas les seuls à bénéficier
de la salle d’Alan. Barbara Farrell, la sœur d’Alan,
dit que cette salle est aussi un grand réconfort pour la
famille.
« C’est comme si je réalisais son vœu et
que je faisais quelque chose pour lui. Rosemary et moi allons encore
à l’Hôpital de temps en temps pour remplacer
les jeux et les films. Quand je suis là, je me sens tout
près d’Alan », confie Barbara avec douceur.
« Cela nous a aussi permis de montrer à nos enfants
qu’il y a des façons simples de faire une énorme
différence dans la vie des autres. »
Chaque année, la femme d’Alan, ses deux fils, sa sœur
Barbara, son frère David et sa mère Jeanne se joignent
aux amis et à la famille lors de la Fin de semaine des courses
d’Ottawa. Jusqu’à présent, ils ont recueilli
plus de 40 000 $ pour les améliorations apportées
à la salle d’Alan et son entretien permanent.

« Nous participons tous à des courses différentes,
déclare Barbara. Puis, le dimanche, nous organisons un immense
pique-nique pour reprendre contact avec les amis d’Alan. C’est
pour nous une occasion unique de garder les liens vivants. »
La mère d’Alan, Jeanne, est très émue
que la famille élargie et les amis d’Alan soient fidèles
au rendez-vous à la Fin de semaine des courses d’Ottawa,
année après année. Ils célèbrent
sa vie et recueillent des fonds pour une cause en laquelle Alan
croyait fermement. »
« Avant qu’une épreuve comme le cancer ne les
frappe, les gens ne réalisent pas ce que cela représente
de vivre cette expérience avec quelqu’un. Toute forme
de soutien est appréciée et nous sommes heureux que
la salle d’Alan soit une source de réconfort. »
« Nous croyons que nous avons fait quelque chose pour inspirer
les autres, ajoute Rosemary. Il s’agit pour nous d’une
façon vraiment positive d’honorer la mémoire
d’Alan et de redonner à L’Hôpital d’Ottawa.
C’est ce qu’il voulait – rendre l’expérience
un peu plus facile pour ceux et celles qui viendront après
nous. »
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